Accueil Présentation Dystrophie myotonique Équipe Essais cliniques Publications récentes Offres d'emploi Contacts English version

Mot du Directeur Informations Recherches Nouvelles Autres essais cliniques Associations mondiales

 

Où en sont les recherches sur la dystrophie myotonique de Steinert ?

Si l'anomalie génétique responsable de la dystrophie myotonique a été identifiée en 1992, ce n'est qu'aujourd'hui que l'on commence à comprendre comment cette anomalie génétique peut entraîner la maladie.

    Représentation schématique d'une cellule musculaire. Dans le noyau de la cellule se trouve l'ADN (vert) qui est porteur de toutes les informations génétiques. Il existe une copie d'ADN que nous avons hérité de notre mère et une copie de l'ADN hérité de notre père. Cela signifie que chaque gène existe en double exemplaire, un provenant de la mère et un du père. Dans une cellule normale, le gène situé sur l'ADN contient l'information pour produire une protéine particulière. Cependant, l'ADN ne peut sortir du noyau de la cellule pour aller à l'usine de fabrication des protéines qui se trouve dans le corps de la cellule. Pour transmettre l'information du noyau à l'usine, la cellule utilise un transporteur (en rouge) que l'on appelle l'ARN. Arrivé à l'usine, cet ARN est lu et une protéine est fabriquée.

    Dans la dystrophie myotonique, l'anomalie génétique (étoile bleue foncée) est présente sur l'ADN qui a été transmis par le parent atteint. Cet ADN transmet l'information contenant l'anomalie génétique à l'ARN. Cet ARN qui contient l'anomalie génétique est incapable de sortir du noyau et d'aller à l'usine de production des protéines. Il s'accumule dans le noyau et cette accumulation a un effet toxique pour la cellule, ce qui provoque la maladie. Donc, le développement d'un traitement pour cette maladie repose sur la destruction du transporteur anormal (ARN) qui s'accumule dans le noyau. Les travaux effectués dans mon laboratoire ont permis la mise au point d'un gène médicament capable de détruire les transporteurs anormaux (ARN) dans des cellules musculaires de patients atteints de dystrophie myotonique et de corriger les anomalies musculaires induites par la maladie. Actuellement, nous testons l'efficacité de ce traitement chez des souris ayant les manifestations de la maladie. Les premiers résultats indiquent que le traitement est capable de détruire les transporteurs anormaux dans le muscle après une injection intra-musculaire du gène médicament. Ils nous reste à déterminer si cette destruction permet de redonner au muscle un fonctionnement normal. Si les résultats sont positifs, un premier essai de Phase I chez l'homme pourrait débuter vers 2008-2009. Cet essai aurait pour but de déterminer la toxicité et non l'efficacité du gène médicament suite à une injection intra-musculaire. Si le médicament n'est pas toxique, nous pourrons envisager une phase II dont l'objectif serait de tester l'efficacité du médicament.

    Bien que ces travaux suscitent de nombreux espoirs, il faut rester prudents car de nombreux obstacles restent à franchir. En premier lieu, pour faire pénétrer le gène médicament dans le muscle, il faut trouver un transporteur. Les meilleurs transporteurs sont des virus que l'on a rendus inactifs. Actuellement on ne connaît pas de très bons transporteurs capables de faire pénétrer le gène médicament dans le muscle entier. Il sera donc probablement nécessaire d’envisager des injections multiples. Un autre obstacle est que l'on est incapable aujourd'hui de faire exprimer le gène médicament dans l'ensemble des muscles. Les premiers traitements seront donc limités à certains muscles (mains, pieds). Cependant des recherches récentes montrent que certains virus inactifs semblent être capables de faire exprimer une protéine dans l'ensemble des muscles suite à une injection intraveineuse. Enfin, un dernier obstacle est que l'on ne connaît pas très bien la toxicité des virus inactifs chez l'homme. Tous ces problèmes nécessitent d'être résolus avant tout essai thérapeutique chez l'homme.

    Une autre avenue de traitement repose sur la restauration des niveaux des protéines qui sont séquestrées sur l'anomalie génétique. Parmi ces protéines, la plus intéressante semble être la protéine muscle blind (MBNL). Des travaux récents d'une équipe américaine ont montré que la surproduction de cette protéine était capable de corriger la maturation de certains ARNs dont ceux codant pour le récepteur à l'insuline et pour le canal chlore musculaire. Ce traitement potentiel pourrait donc être utilisé pour améliorer certaines manifestations de la maladie comme la myotonie et la résistance périphérique à l'insuline. On ne sait pas à ce jour si ce traitement pourrait améliorer la faiblesse musculaire.  

Département de Génétique humaine

2705, Boulevard Laurier. RC-9300. Québec (Québec) Canada. G1V 4G2. Téléphone: +1 (418) 654-2186. Télécopie: +1 (418) 654-2207.

Courriel: sec.genetique@crchul.ulaval.ca

Institut de Réadaptation en Déficience Physique de Québec

525, Boulevard Hamel. Québec (Québec) G1M 2S8

Téléphone : 418-529-9141

 

Site web developpé et produit par Manaf Bouchentouf
© Jack Puymirat